Cela fait près de seize ans que la série Resident Evil ne cesse de nous effrayer. Depuis le premier épisode et ses plans fixes sur PS1 la série a évolué de par bien des aspects, notamment avec sa plus grande orientation vers l’action ces dernières années. Depuis la sortie de la Nintendo 3DS, Capcom, la société propriétaire de la série, a apporté un très fort soutien en matière de titres sur la jeune portable de Nintendo. Mais depuis l’E3 2010 un jeu s’est démarqué des autres grâce à son aspect graphique impressionnant. Vous l’aurez compris, il s’agit de Resident Evil : Revelations. Après un The Mercenaries 3D sorti l’année dernière faisant plus office de démo technique, Capcom nous sort l’artillerie lourde avec cet épisode tant attendu. Mais au delà de toutes ces promesses de « retour aux sources », Resident Evil : Revelations ne serait-il pas rien d’autre qu’une coquille vide soigneusement maquillée ? Nous tenterons d’y répondre à travers ce test.
C’est l’histoire d’un mutant…
Avant toutes choses, sachez que l’histoire se déroule principalement en 2005, servant ainsi de préquelle à Resident Evil 5.
Chris Redfield et la mystérieuse Jessica Sherawat, deux agents du BSAA ont été porté disparus lors d’une expédition montagneuse en Europe. Jill Valentine et son partenaire Parker Luciano ont été engagés afin de les retrouver par tous les moyens possibles. Leur recherche les mène sur le Queen Zenobia, un bateau fantôme perdu au beau milieu de la mer Méditerranée. A l’intérieur du bâtiment plane le spectre de Veltro, leader d’un groupe bioterroriste décédé un an auparavant. Au milieu de la menace grandissante d’un nouveau virus (encore) transformant en mutant les formes de vies qui y sont exposées, se cache la lutte inavouée entre le BSAA et le FBC, agence américaine luttant contre le même ennemi, mais avec des motivations moins glorieuses.
Si l’histoire semble plutôt enthousiasmante au premier abord, elle se révèle finalement bien plus pauvre et prévisible qu’espéré. Les nouveaux personnages ne sont pas des plus intéressants, excepté peut être Rachel. Si la saga ne s’est pas toujours démarqué par sa trame scénaristique, on aurait apprécié que les développeurs ne nous ressortent pas une énième fois l’histoire du virus et du groupe bioterroriste malfaisant. La mise en scène reste heureusement d’excellente facture, horrifique à souhait mais encore une fois déjà vue. Bon point par contre pour les petits récapitulatifs survenant lors du chargement de la sauvegarde. Lorsque vous reprendrez votre partie après avoir quitté le jeu, chaque chapitre vous réservera une petite vidéo composée d’images cinématiques du jeu pour vous rappeler le cours de l’histoire, à la manière d’une série télévisée.
Oooooohhhh…
On en avait déjà eu un aperçu plus que positif à l’E3 2010 mais les qualités graphiques et techniques de Resident Evil : Revelations dépassent très largement tout ce qu’on a pu voir sur une console portable à ce jour (La PS VITA n’étant pas encore sortie chez nous). Le jeu est si somptueux qu’on en vient régulièrement à se demander si nous sommes encore sur une 3DS. La gestion des éclairages et des effets de lumière force l’admiration et parvient à amplifier considérablement l’immersion en jeu. Les différentes textures ne sont pas en reste. Du ruban adhésif sur un carton jusqu’au tuyau dissimulé sous un plafond en passant par le papier peint légèrement décollé d’une cabine, tout à été peaufiné avec un soin remarquable. Les environnement sont un peu plus variés que prévu puisque le jeu nous entraînera dès les premières heures dans des lieux très différents, bien que le Queen Zenobia reste l’environnement le plus fréquent. Les personnages ont également été modélisés avec précision, notamment la tenu de Jill et son tissu.
Si le chara-design des différents protagonistes ne séduira pas forcément tout le monde, celui des monstres reste un peu plus convaincant, en particulier les boss absolument abjects. L’ambiance générale des décors s’avère très réussie, rendant les zones dépeuplées de monstres encore plus effrayantes, en vue d’une menace pouvant survenir à n’importe quel moment. En clair, Resident Evil : Revelations est bel et bien la claque graphique à laquelle nous nous attendions. Notons par ailleurs que le titre comporte une bonne tripotée de cinématiques en images de synthèse du plus bel effet.
Derrière toi !
Comme promis par Capcom, Resident Evil : Revelations nous fait un retour un peu timide vers l’horreur et la survie, mais ne pourra s’empêcher de conserver une bonne dose d’action, au détriment de l’effroi. La difficulté restera au rendez-vous avec des munitions plutôt rares et des ennemis parfois résistants, bien que dotés d’une IA au ras des pâquerettes. Les boss vous donneront du fil à retordre. Les phases sous-marines, inédites dans la série, ont le don d’augmenter la pression sur le joueur de façon spectaculaire avec des ennemis particulièrement repoussants et véloces.
Qui dit Resident Evil, dit maniabilité rigide et exigeante. Cet opus ne fera pas exception à la tradition et c’est pour cela que Capcom a rendu le jeu compatible avec le Pad Circulaire Pro. Nous testerons ici la maniabilité classique avec un seul stick. Au niveau des commandes, les possibilités de déplacement restent assez limitées. Notre personnage avançant à un rythme modérément rapide (sans possibilité de courir comme dans la démo fournie dans RE : The Mercenaries 3D). L’écran tactile sera utilisé pour changer son équipement, vérifier son inventaire, sa carte et surtout surveiller sa jauge de munitions et d’herbes de soin. Dommage que certaines informations sur cet écran soient données en différé, rendant la carte peu pratique d’utilisation.
Pour le reste, on demeure en terrain connu avec la totalité des touches utilisées. Notons qu’il est possible de tirer en se déplaçant. Les différentes flèches de la croix directionnelle perturberont sans doute un peu le joueur lors de ses premiers pas puisqu’elles ont toutes une utilité distincte comme changer d’arme, changer d’arme secondaire ou encore utiliser le Genesis. Ceci nous permet de faire une superbe transition pour parler de ce nouveau gadget aux allures très Metroïdesques. Sous la forme d’une arme, le Genesis vous permettra de détecter les objets et/ou ennemis cachés dans les différents lieux que vous aurez à visiter. Procédé très pratique pour récupérer quelques cartouches lorsque les munitions viennent à manquer entre deux mutants. Hélas, si la démo de l’eShop laissait présager des pièces remplies à craquer d’objets cachés, il n’en est rien dans le jeu final ou ce genre de petit cadeau est plus rare. Au fil de sa progression, le joueur sera amené à récolter différentes armes plus ou moins faciles à maîtriser ainsi qu’à incarner plusieurs personnages dont les caractéristiques ne changent guère, du moins en mode solo. Et oui, le titre est également doté d’un mode multijoueur (praticable en solo) accessible en local comme online. Contrairement à ce qui semblait se profiler, ce mode « Raid » est bien différent du mode « Mercenaire » de Mercenaries 3D. Même si les missions seront effectivement bien plus orientées action, vous et votre éventuel coéquipier devrez traverser des lieux connus du mode histoire en massacrant du mutant à tour de bras jusqu’à atteindre le bout du niveau, symbolisé par une pièce dorée en lévitation. Si l’aspect ludique de ce mode est bien présent en coopération, il est possible que la lassitude vienne poindre rapidement son nez. 20 cartes différentes sont à débloquer, et la répétitivité des missions pourra en lasser certains. Le mode online fait preuve d’une excellente stabilité et trouver un groupe vous sera assez aisé, l’interface étant intelligemment conçue. Nous n’avons pas eu à déplorer de déconnections intempestives.
En définitive, le gameplay général de ce RE : Revelations se trouve être très bien calibré avec de bonnes « idées » comme le Genesis et les phases sous-marines. On aurait peut être aimé un peu plus d’audace de la part des développeurs, mais le mode multijoueur dévoilé tardivement s’avère être une réussite.

Rézidante Iveule Révélaysheunes
Les musiques de ce Resident Evil : Revelations sont de véritables bijoux. Tantôt entraînantes, tantôt apaisantes, voire effrayantes, elles emporteront le joueur au gré de leur rythme. Si les sonorités peuvent paraître parfois sinistres lors de l’exploration du Queen Zenobia, toute l’horreur de la situation sera retranscrite à la perfection lors des affrontements contre les terribles boss. Mention spéciale à la composition utilisée dans les résumés de chapitres. Les bruitages, quand à eux, sont assez inégaux. Si le bruit des pas sur les différentes surfaces, les frottements des combinaisons ou encore les sons que produisent les mutants sont réussis, on ne peut pas en dire autant du bruitage des coups de feu. Mais l’ensemble reste d’un très bon niveau.
Pour la première fois dans l’histoire de la série, un Resident Evil a droit à des doublages non seulement anglais, mais aussi japonais, espagnols, italiens, allemands et bien sur français. Si on pouvait un peu appréhender, ces derniers font preuve d’une remarquable cohérence. Avec le soutien d’une équipe expérimenté aux voix connues, le tout s’avère bien joué, même si l’on est jamais à l’abri de quelques coquilles.
Dans le rôle de Jill Valentine, nous retrouvons Marie Zidi, décidément abonnée aux doublages de jeux sur les consoles Nintendo (Luke Triton dans les Professeur Layton et Slippy dans StarFox 64 3D) que nous avons récemment entendue au cinéma sur la voix de Bellatrix Lestrange dans la saga Harry Potter.
Son partenaire Parker Luciano est doublé par Cédric Dumond qui s’est chargé entre autres de Ashitaka dans Princesse Mononoké ou de Kamina dans l’animé Gurren Lagann. Pour ce qui est des autres comédiens, citons la présence de Nessym Guetat (première voix de Miaouss dans Pokémon), de Marie-Eugénie Maréchal (EVE dans WALL-E), d’Alexandre Gillet (Frodon Saquet dans le Seigneur des Anneaux) ou encore de Boris Rehlinger (le Chat Potté dans la saga Shrek et son spin-off).
Bref, que du bon. Sachez d’ailleurs que vous pouvez changer les voix du jeu sans avoir à changer la langue des textes.
Le compte à rebours à commencé
L’aventure principale vous prendra une bonne quinzaine d’heures pour peu que vous ne vous pressiez pas trop, ce qui est très honnête pour un Resident Evil. Ajoutez ceci une bonne rejouabilité en mode Enfer (mode de difficulté plus élevé), pour peu que vous ne soyez pas cardiaque. Un système de succès est également à la clé ou des objectifs plus ou moins exigeants et tordus vous seront proposés tels que finir le jeu sans utiliser la moindre herbe de soin, rigolo n’est-ce pas ? Enfin, le mode multijoueur et son système de progression par niveau devrait vous occuper aussi un bon paquet d’heures, pour peu que vous ne vous lassiez pas trop vite. Des armes, des bonus d’amélioration et autres munitions sont par ailleurs disponibles à l’achat dans une boutique du mode Commando, moyennant des pièces collectables en mission ou même des pièces de jeu récupérables en marchant avec votre 3DS. En parlant de marcher, une option streetpass est également de la partie et fournit un moyen intéressant de récupérer des succès à débloquer ou des missions pour le mode Commando. En définitive, toutes ces options confèrent une durée de vie très solide au titre.
Conclusion :
Resident Evil : Revelations, ou comment commencer l’année en beauté sur Nintendo 3DS. Si le retour aux sources promis par l’éditeur japonais n’est pas aussi osé que nous l’espérions, le soin apporté au titre sur bien des aspects en fait une valeur sûre qui ne risque pas de décevoir beaucoup de joueurs, mais n’en surprendra pas plus. Entre une réalisation hallucinante, un gameplay bien calibré, une bande-son maîtrisée et un contenu étonnamment riche, nous vous conseillons chaudement ce titre qui fait honneur à la saga.
On est impatient de voir ce que nous réservent les prochains titres 3DS qui seront développés pour les cartes de 4 Go.




















Good le test !
*__;)